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Arthrose et Obésité

Est-il si important de contrôler son poids pour limiter ou prévenir l’arthrose ?

 

Il est établi que l’arthrose est une complication fréquente de l’obésité et plus particulièrement l’arthrose du genou. En découle une altération de la qualité de vie, une réduction des activités physiques d’où une possible aggravation de l’obésité.

 

Toute surcharge pondérale est à prendre en compte. En effet, selon une étude épidémiologique américaine publiée en 1998, une augmentation de 1 point d’Indice de Masse Corporelle ou IMC (IMC= P/T2) augmente de 15% le risque de survenue de l’arthrose du genou.

 

Inversement une perte de 5kg environ réduit de moitié sur 10 ans le risque de développer une gonarthrose symptomatique.

 

On peut facilement comprendre que l’excès de poids augmente les contraintes sur le cartilage dont l’altération conduit à l’arthrose. La relation de cause à effet semble logique dans les atteintes arthrosiques des membres inférieurs. Il n’en est pas de même pour expliquer l’arthrose digitale qui semble plus fréquente chez le sujet obèse que chez le sujet de poids normal ? Il faut donc rechercher dans l’obésité une influence autre que la contrainte physique.

 

Une piste serait les phénomènes inflammatoires qui jouent un rôle important dans la destruction du cartilage et l’obésité favoriserait la production de substances pro-inflammatoires (cytokines).

 

Autres piste : la Leptine qui est une hormone essentielle dans la régulation du poids. Elle est produite par le tissu graisseux, elle joue un rôle important dans la régulation de la prise alimentaire; schématiquement elle participe à la régulation des stocks énergétiques de l’organisme.

Des chercheurs français ont montré l’implication de la Leptine dans l’arthrose mais son rôle physiopathologique exact reste à définir.

 

Le rôle du poids dans l’arthrose ne semble donc pas se limiter à une question mécanique.

 

Autre élément à prendre en compte, les sujets obèses auraient une sensibilité plus marquée à la douleur. On peut donc estimer que cela amplifie le bénéfice de la perte de poids chez le sujet arthrosique obèse.

 

Contrainte mécanique, rôle inflammatoire, influence de la Leptine, sensibilité modifiée, tous ces facteurs invitent à prendre sérieusement en compte le poids dans le développement et l’évolution de l’arthrose.

 

Le contrôle du poids passe par une alimentation équilibrée, sans exclusion, permettant de gérer la faim, la satiété et le maintien du plaisir alimentaire. On cherchera à obtenir une réduction pondérale durable sans viser obligatoirement le « poids idéal ».

 

 

Dr Jean Khémis – Médecin Nutritionniste

 

 

 

 

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