La clinique de l'arthrose

Centre des os et des articulations de Paris

Une arthrose diffuse est une arthrose touchant de nombreuses articulations. La question est de savoir comment définir le nombre au-delà duquel on considère une arthrose comme étant diffuse. En fait, l’observation clinique et les études épidémiologiques modernes suggèrent fortement que l’arthrose digitale serait le témoin d’une maladie arthrosique diffuse.

C’est ainsi que les patients souffrant d’arthrose digitale (sauf le cas de rhizarthrose dans le pouce) ont plus de risque de souffrir également d’arthrose localisée dans d’autres articulations, et notamment le dos (colonne vertébrale), les genoux et les pieds. Pour certains médecins, la notion d’arthrose diffuse se réfère à la notion d’arthrose survenant dans des localisations inhabituelles comme certaines articulations (poignets, coudes, chevilles, etc).

La localisation de l’arthrose diffuse

Toutes les articulations peuvent être atteintes d’arthrose sans exception. Certaines localisations sont toutefois plus communément le siège d’arthrose. Une localisation inhabituelle d’arthrose est souvent en rapport avec une anomalie locale et notamment les séquelles d’un traumatisme, sinon elle doit faire rechercher une cause particulière.

Donnons ici quelques exemples de localisations habituelles et inhabituelles d’arthrose : sont fréquemment atteintes d’arthrose les articulations des mains, de la colonne vertébrale, du genou, des pieds, de la hanche. A l’inverse, une arthrose de la cheville ou du coude doit faire rechercher une cause particulière.

Le traitement de l’arthrose diffuse

L’arthrose touchant plusieurs articulations en même temps nécessite une prise en charge de chacune des localisations au plan local (traitement médicamenteux et non médicamenteux de chacune des localisations).

Il est certain que c’est en cas d’arthrose diffuse que le handicap douloureux et fonctionnel est le plus important et justifie alors parfois le recours à des thérapeutiques symptomatiques agressives comme peut l’être par exemple le recours aux dérivés morphiniques.

Il est également certain que c’est en cas d’arthrose diffuse que les traitements médicamenteux spécifiques de l’arthrose sont particulièrement recommandés. C’est aussi dans cette situation que sont particulièrement indiqués les traitements spécifiques de l’arthrose car l’arthrose diffuse est probablement le témoin d’une anomalie du métabolisme du cartilage.

 

Article rédigé par le Docteur David Cattan Chirurgien spécialiste du Genou (Paris)

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Lors des poussés congestives (douleurs aigues, crises, gonflements articulaires), la mise au repos partielle de l’articulation est indispensable : utilisation d’une canne pour l’arthrose des membres inférieurs, port d’un collier ou d’un lombostat pour l’arthrose cervicale ou lombaire.

Les analgésiques, l’aspirine, les anti-inflammatoires et les infiltrations de corticostéroïdes peuvent être proposés. On associe le les poches de glace sur l’articulations.

La visco supplémentation ou infiltrations de gel d’acide hyaluronique dans les articulations est un excellement traitement de fond et qui a une action préventive de l’aggravation arthrosique.

La crise passée, si l’épaisseur du cartilage est suffisante, l’articulation retrouve souvent une fonction meilleur. Il faut cependant éviter tout traumatisme et surmenage susceptibles de déclencher une nouvelle poussée. Cela passe parfois par un régime amaigrissant, pour diminuer le poids superflu supporté par les articulations.

L’apparition de douleurs en rapport avec l’arthrose ou de crises de douleurs aigues doit conduire le patient à consulter et le médecin à envisager une prise en charge de long terme sur un plan thérapeutique, conseils et préventif. Il ne faut pas négliger la surveillance et la prévention dès lors que le diagnostic d’arthrose est porté même si le premier épisode douloureux cesse spontanément ou si le premier traitement a soulagé l’articulation car la récidive et l’aggravation sont la norme en matière d’arthrose.

LE TRAITEMENT EST LE PLUS SOUVENT MEDICAL, FONCTIONNEL ET PREVENTIF EN CAS DE DECOUVERTE D’ARTHROSE

LE TRAITEMENT CHIRURGICAL SERA ENVISAGE EN CAS D’ECHEC DU TRAITEMENT MEDICAL ET PREVENTIF OU DANS LES ATTEINTES SEVERES DECOUVERTES D’EMBLEE

Les malformations articulaires peuvent être opérées chirurgicalement (ostéotomie) à ce stade. L’entretien d’une bonne musculature compense, en partie, le mauvais état articulaire. Le thermalisme, la physiothérapie, les semelles orthopédiques peuvent également être utiles.

Quand le cartilage est complètement détruit et que l’arthrose entraîne une impotence fonctionnelle importante, on a recourt à une arthroplastie ou prothèse (chirurgie de remplacement articulaire) (prothèse de genou, prothèse de hanche, prothèse d’épaule) ou, plus rarement, à une arthrodèse ( soudure chirurgicale d’une articulation).

 

Article rédigé par le Docteur David Cattan Chirurgien spécialiste du Genou (Paris)

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Grâce à des éléments simples retrouvés à l’interrogatoire, à l’examen clinique et aux radiographies standards le médecin peut faire le diagnostic d’arthrose dans la grande majorité des cas sans avoir recours à des investigations plus complexes.

Les observations recueillies par le médecin vont lui permettre de guider au mieux le traitement  le plus adapté au patient. Bien que chaque cas soit particulier il existe un certain nombre de règles thérapeutiques communes aux différents cas de patients souffrant d’arthrose.

Les éléments permettant de diagnostiquer l’arthrose

A l’interrogatoire, des douleurs et/ou une gêne de l’articulation apparues progressivement ou plus rarement brutalement et survenant après des activités physiques, de la marche prolongée, la pratique des escaliers, la station assise prolongée au moment du relever. Les douleurs sont le plus souvent de type mécanique augmentant à l’effort ou en fin de journée. Les patients décrivent souvent ce que l’on appelle un “dérouillage” lors de la mise en mouvement de leur articulation après une période de repos (le matin au réveil ou après être resté assis un moment sans bouger).

A l’examen clinique, un réveil de la douleur à la pression et/ou la mobilisation de l’articulation, une diminution de la mobilité articulaire, voire une tuméfaction autour de l’articulation ou un gonflement articulaire (épanchement de synovie).

Les examens complémentaires

Le diagnostic est confirmé par des examens complémentaires simples comme la radiographie standard. Celle-ci va retrouver les principales caractéristiques de l’arthrose, à savoir la diminution de la quantité du cartilage (le terme radiologique le plus couramment utilisé est celui de pincement articulaire) associée à des réactions osseuses : l’ostéosclérose (durcissement de l’os immédiatement sous le cartilage, image blanchie à la radio) les ostéophytes (excroissances osseuses à la radio), les géodes (petits trous de faiblesse dans l’os sous le cartilage visibles en radio).

Le recours à des examens plus sophistiqués tels que le scanner ou l’IRM peut être utile dans les cas débutants, chez les sujets jeunes, ou lorsqu’on recherche des atteintes associées.

 

Article rédigé par le Docteur David Cattan Chirurgien spécialiste du Genou (Paris)

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Les causes de l’arthrose

Plutôt que de parler de causes de l’arthrose, mieux vaut parler de facteurs favorisant la survenue ou l’aggravation de l’arthrose.

D’une part, les maladies qui touchent les tissus de voisinage du cartilage et qui, par voie de conséquence, vont altérer la qualité et la quantité de cartilage. On peut citer : les maladies du tendon ou les entorse et traumatismes avec notamment au genou l’atteinte des ménisques et des ligaments croisés et à l’épaule l’atteinte des tendons de la coiffe des rotateurs, l’ablation du ménisque ou d’une partie du ménisque au genou, l’atteinte de l’os à côté de l’articulation, l’atteinte de la membrane synoviale par un processus infectieux (arthrite septique), inflammatoire (arthrite par exemple rhumatoïde) ou microcristallin (comme la goutte par exemple avec ses dépôts de cristaux d’acide urique ou la chondrocalcinose dépots de cristaux de calcium).

D’autre part, des anomalies qui sont bien définies mais qui vont entraîner une maladie du cartilage. Ce sont toutes les malformations architecturales comme par exemple la luxation congénitale de la hanche, les déformations en X ou en tonneau des genoux.

Des maladies métaboliques très rares peuvent également s’accompagner d’arthrose, telles qu’une anomalie du fer (hémochromatose) ou du cuivre (maladie de Wilson).

Enfin et surtout, on retrouve des facteurs favorisant la survenue de l’arthrose comme par exemple certaines activités sportives pratiquées de façon intensive, la surcharge pondérale, les facteurs génétiques, une prédisposition familiale.

 

Article rédigé par le Docteur David Cattan Chirurgien spécialiste du Genou (Paris)

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L’arthrose peut se définir comme une maladie dégénérative du cartilage articulaire. On distingue l’arthrose primitive de l’arthrose secondaire :

  • L’arthrose primitive est due à la dégénerescence du cartilage liée à l’âge.
  • L’arthrose secondaire est due à une pathologie (maladie ou traumatisme) qui va entraîner secondairement une arthrose. C’est l’exemple des lésions des ligaments suite à des entorses qui endommagent les articulations et qui peuvent se compliquer d’arthrose. C’est aussi le cas des lésions des ménisques qui sont de véritables protecteurs du cartilage. certaines maladies comme des arthrites inflammatoires ou infectieuses peuvent causer des arthrose secondaires qui surviennent plus précocément dans la vie que les arthroses primitives du vieillissement.

L’articulation

L’articulation permet les mouvements. C’est l’endroit où deux extrémités osseuses, recouvertes de cartilage, se rencontrent et s’articulent. L’articulation est délimitée par une enveloppe fibreuse, la capsule, recouverte par la membrane synoviale qui fabrique le liquide synovial nourrissant le cartilage et le lubrifiant. Autour de l’articulation se trouvent les ligaments et les muscles amarrés aux os grâce aux tendons.

Les principaux rhumatismes qui touchent l’articulation, le cartilage et les os sont :

  • L’ostéoporose quand l’os est atteint avec risque de fracture articulaire ou non
  • L’arthrose quand le cartilage est atteint
  • La tendinite quand le tendon est atteint
  • L’arthrite quand la membrane synoviale est atteinte.

Articulation normale

Articulation normale

 

Articulation arthrosique

Articulation arthrosique

 

 

Le renouvellement du cartilage

Le cartilage est un tissu vivant qui se renouvelle perpétuellement tous les 3 mois, même chez les personnes très âgées.

Les fragments et débris de cartilage sont régulièrement relargués au sein de la cavité articulaire. La membrane synoviale joue un rôle important dans le renouvellement du cartilage. Elle permet de débarrasser la cavité articulaire de ses débris et sécrète également une substance qui lubrifie et nourrit l’articulation.

Il est probable qu’au début une atteinte du cartilage puisse être totalement réversible grâce aux capacités de cicatrisation des lésions notamment chez le sujet très jeune. Une fois ces lésions constituées de manière trop importante et surtout à partir d’un certain âge, il sera difficile pour l’organisme de réparer ces lésions. L’arthrose va alors évoluer vers une aggravation, c’est-à-dire une perte de plus en plus importante de cartilage.

Evolution de l’arthrose

Cette perte de cartilage évolue cliniquement selon trois modalités :

  • Une aggravation lentement progressive en plusieurs années ou décenies.
  • Une aggravation extrêmement rapide qui aboutit à une perte du cartilage en 6 à 12 mois, c’est l’arthrose destructrice rapide.
  • Une forme intermédiaire où l’évolution est émaillée de périodes durant lesquelles l’arthrose évolue extrêmement rapidement avec des crises aigues et épanchgements articulaires et d’autres où l’arthrose n’évolue pas ou très peu.

Article rédigé par le Docteur David Cattan Chirurgien spécialiste du Genou (Paris)