La clinique de l'arthrose

Centre des os et des articulations de Paris

L’entorse de cheville est le traumatisme articulaire le plus fréquent et il est paradoxalement souvent négligé et mal pris en charge.
Les conséquences d’une entorse de cheville mal soignée ne sont pas négligeables et entraînent :

  • des douleurs chroniques
  • une instabilité avec entorses à répétition
  • des raideurs articulaires
  • une arthrose
  • une limitation des activités
  • un retentissement fonctionnel et social

En cas d’entorse il est nécessaire de prendre avis auprès d’un spécialiste qui donnera le traitement médical adéquat :

  • immobilisation dans une attelle quelques semaines
  • marche autorisée en terrain plat
  • arrêt des sports de saut et de course 3 mois
  • cryothérapie quotidienne (traitement par le froid)
  • kinésithérapie appropriée
  • orthèses plantaires pour la prévention des récidives

Le traitement chirurgical concerne les instabilités et les douleurs chroniques résistantes au traitement médical, et les lésions cartilagineuses sévères et douloureuses avec risque d’arthrose.

HALLUX VALGUS ou « oignon »

Définition

Il s’agit d’une déformation du gros orteil. Cette déformation s’accompagne d’une inflammation de la région (la bursite), et d’une sorte de boursouflure de l’os (exostose). On appelle également cela un “oignon”.

Les femmes sont plus prédisposées que les hommes, et cette malade se développe surtout avec l’âge.

Ce qui se passe

L’articulation de la base du gros orteil commence par faire une angulation. Les chaussures que l’on porte, ou certaines activités comme la danse classique peuvent aggraver les choses dès ce stade.
Par la suite, les tendons de certains muscles, au lieu d’agir dans l’axe, forment comme la corde d’un arc, et referment de plus en plus cet angle, aggravant au fil des ans la déformation. Cela occasionne des conflits avec les chaussures, et des poussées inflammatoires de l’articulation ou des bursites.

Ce qu’il faut savoir

Ce problème est souvent héréditaire.

Au départ, le fait d’avoir un avant-pied large (metatarsus varus), un gros orteil long (le “pied égyptien“), et des pieds plats prédisposent à cette déformation. Viennent se rajouter à cette prédisposition différents facteurs comme l’obésité et le port de chaussures à bout pointu et étroit qui vont aggraver les choses.

Le vieillissement et la ménopause vont aggraver cette situation.

La déformation va s’aggraver par auto entretien : plus l’orteil se déforme, moins on marche droit, et plus le phénomène va s’accroître : l’angle entre le métatarse et la phalange s’accentue, l’orteil “tourne”, au point qu’il n’est plus dans le même plan que les orteils voisins.

Le deuxième orteil va se mettre en “griffe“. Un cor apparaît au sommet de l’oignon, et un durillon se forme sur la plante du pied. L’oignon grossit et finit parfois par s’infecter. L’articulation souffre et finit par dégénérer en arthrose de l’articulation métatarso phalangienne.

Les symptômes

Le gros orteil est penché vers les autres orteils, et sa base fait une saillie.

Il fait mal quand il y a une poussée inflammatoire, ou en fonction de la durée de la station debout et des chaussures portées.

Que vous prescrit votre médecin ?

Des radiographies pour voir les répercussions de l’arthrose sur l’articulation, et la forme du métatarse (s’il est trop court, c’est un facteur favorisant).

Elles permettent aussi de mesurer les angles de déformation en vue d’une éventuelle correction.

Le traitement

Pédicure

Les soins de pédicurie sont utiles. Toutefois, ceux-ci seront d’autant moins efficaces que l’oignon aura été soigné tardivement. Les soins vont surtout ralentir l’évolution.

On effectue une ablation de l’hyperkératose, pose d’une semelle qui améliore les appuis, ou une orthèse (petit appareil maintenant dans une position donnée) dans les périodes douloureuses ou pour améliorer le confort de certaines activités.

Intervention

Lorsque la gène est importante, l’intervention devient nécessaire. Les interventions consistent à réduire l’angulation, à corriger la longueur de l’orteil et à rogner l’oignon. Les résultats sont habituellement très bons avec une normalisation du chaussage à terme.

Différentes interventions et techniques sont possibles

On utilise à ce jour des techniques de coupes osseuses (ostéotomie) au niveau du métatarsien et de la première phalange en association des gestes de libérations des tendons (Intervention de Scarf).

Les griffes d’orteil sont traitées en allongeant le tendon extenseur, et/ou en réalisant une arthrodèse (soudure) de l’articulation déformée et si besoin un raccourcissement du métatarsien.

L’intervention se fait sous anesthésie loco régionale ou générale. Ainsi la réaxation peut se faire et les troubles (cors, durillons et bursites) finissent par disparaître.
Dans les formes très évoluées une arthrodèse (soudure de l’articulation) ou une prothèse sont parfois les seules solutions.

Les suites sont habituellement simples, bien que des œdèmes puissent persister durant plusieurs mois. La marche sera rendue possible dès le lendemain de l’intervention, en appui sur le pied à plat ou avec une chaussure spéciale à appui talonnier.

L’ONGLE INCARNE

Ce n’est pas une fatalité !! Et ce n’est pas non plus un problème médical douloureux ne pouvant être traité que par la chirurgie.

De nombreuses personnes pensent, à tord, que l’ongle incarné est le résultat du port de chaussures trop étroites.

Il faut savoir que le sujet présentant un ongle incarné est prédisposé et que très souvent, il « déclenche » un ongle incarné après le port de chaussures étroites ou encore une séance de sport sollicitant fortement les ongles (jogging, tennis….) mais il préexistait déjà alors même qu’il n’était pas encore douloureux.

Bon nombre de femmes portent des chaussures étroites sans pour autant avoir des ongles incarnés.

En revanche, 90% des sujets paraplégiques ou tétraplégiques qui ne posent jamais le pied au sol, déclenchent des ongles incarnés, qui se rétractent.

En fait, le problème est majoritairement d’origine neurologique entraînant une rétraction du ligament matricio-phalangien qui lui-même resserre l’ongle en l’entraînant bilatéralement vers la phalange.

 

Attention

Dans ces 2 types d’ongles présentés, on n’évoque pas les ongles traumatisés qui s’incarnent après avoir reçu un choc violent.

2 Types d’ongles incarnés :

Ongle en éventail 

Il va créer des conflits de chaque côté de l’ongle

Le traitement consiste très souvent à couper les parties débordantes latérales, sachant qu’il n’existe pas vraiment de moyens efficaces dans le temps, en dehors du traitement chirurgical.
Ongle en volute : le plus fréquent

Il va créer des conflits dans les bords du gros orteil (internes, externes ou les 2) beaucoup plus en profondeur sous la peau.

Il est douloureux, voire extrêmement douloureux, insupportable et invalidant.

Il peut durer plusieurs années.

Les pommades ou traitement médicamenteux locaux ne peuvent en venir à bout car ils ne traitent pas la cause mais uniquement les symptômes.

En effet, cet ongle va « mordre » comme une mâchoire les tissus de chaque côté de l’ongle en s’enfonçant profondément en sous cutané et seul un traitement mécanique peut y remédier.

Dans cette forme, et quelle que soit l’ancienneté de l’ongle incarné deux aspects peuvent se présenter au praticien :

Il existe une surinfection avec bourgeon présentant une inflammation (orteil rouge et gonflé) et écoulement de pus. Il faudra désinfecter l’ongle par des solutions antiseptiques, puis orienter le patient vers un chirurgien orthopédiste pour le traitement.

Il est très simple et fonctionne avec de bons résultats (dans les quelques heures qui suivent la pose) et permet d’obtenir des résultats pratiquement définitifs même sur les ongles très anciens.

Il vise à coller (indolore et non sanglant) une lame très fine munie de fins ligaments (dans la largeur) qui une fois collée sur l’ongle, va le redresser en soulageant immédiatement les points de pressions.

Photo de pose

Elle exerce une force inverse et supérieure à celle de l’ongle (en tuile de Provence qui prend les tissus en « mâchoire ») et retire éventuellement le morceau de l’ongle qui aura pénétré les espaces sous cutanés.

Ce traitement peu répandu est d’une efficacité remarquable immédiate et durable dans le temps.

Il s’effectue au cabinet, dure environ 20 minutes et permet au patient de se rechausser de suite et de repartir sans gène fonctionnelle.

LA VERRUE PLANTAIRE

Elle résulte d’un virus (papovavirus) de 2 types :

Le premier qui entraîne une grosse verrue plus souvent isolée sous la plante du pied ou pulpe d’orteil, parfois associée à quelques autres (2 ou 3).

Elles sont volumineuses, douloureuses à la pression et touchent préférentiellement les jeunes femmes, mais n’épargnent personne. Il existe de nombreux traitements possibles :

  • Azote
  • acides divers d’application locale
  • prise de sang ré-injectée en intra musculaire etc.…

Il faut savoir que ces traitements ont parfois des conséquences gênantes qui, plutôt que de la détruire ne font que l’ « exciter », générant un grossissement ou/et une multiplication.

Dans le cadre d’une résistance de la verrue à ces différents traitements, il faut savoir qu’elle peut rester en place plusieurs années et reste à potentiel contaminant.

Il faut alors l’enlever.
Mais pas n’importe comment !!

En effet, souvent l’exérèse chirurgicale de cette verrue laisse place à un gros « trou » avec une grosse perte de substance qui met du temps à cicatriser, interdisant pendant quelques jours la marche. De plus, il peut se créer une cicatrice difficile (corne) qui remplacera la verrue et sera pratiquement aussi douloureuse à l’appui, et ceci pendant des dizaines d’années.

Le deuxième type de virus génère de multiples verrues disséminées un peu partout sur le pied, elles sont dites en « mosaïques ».

TRAITEMENT, EXPLICATIONS

La verrue, lorsqu’elle grossit, produit un effet de compression des tissus tout autour d’elle, créant de ce fait un halo de corne (hyperkératose) qui la sépare des tissus sains. Cette corne est insensible !

Il faudra pratiquer une découpe en restant dans cette « barrière » de corne, de manière à déloger la verrue de son emplacement et la rendre mobile.

Cette intervention bien exécutée se dispense le plus souvent d’injection anesthésiante puisque la coupe ne se fait que dans les tissus « morts ».
A ce stade, la mise en place d’un patch anesthésiant permettra ensuite de « sectionner » proprement les racines.

Ici, la cicatrisation est rapide, la marche quasi immédiate et la douleur très modérée.

Il n’existe pas de cicatrice douloureuse car il n’y a pas de perte de substance importante.

Les soins qui suivent, peuvent être pratiqués par le patient lui-même ;
Notons malgré tout, que parfois une petite anesthésie par injection est nécessaire si la verrue est très « inflammatoire »