Main-Poignet-Coude

Rhizarthrose

ANATOMIE ET MOUVEMENTS

La rhizarthrose correspond à l’atteinte arthrosique de la racine du pouce, c’est à dire de l’articulation entre le trapèze et le premier métacarpien (M1). Cette articulation est en double selle (une sur le trapèze et une sur la base de M). Cette articulation est fermée par une capsule articulaire dont les renforts constituent les ligaments.

Les ligaments principaux sont développés à la face palmaire et du coté ulnaire (cubital = bord interne de la main). La stabilisation du côté radial est assurée par l’insertion des tendons du long abducteur du pouce, il s’agit fréquemment de tendons multiples. Cette articulation permet des mouvements dans 3 plans, flexion, extension, antépulsion et rétropulsion et également rotation.

En fait cette articulation permet d’orienter la pulpe du pouce en opposition aux autres doigts pour les mouvements fins de préhension. Cette articulation est sollicitée de façon très importante pour tous les mouvements de pince entre le pouce et les autres doigts (pince pollici-digitale) et en particulier la pince pouce index.
 

CLINIQUE

La rhizarthrose est très fréquente et souvent bien tolérée. Elle atteint plus souvent la femme, après cinquante ans et elle est volontiers bilatérale. Le plus souvent l’arthrose est primitive c’est à dire sans aucune cause retrouvée. Elle apparaît après des mouvements répétitifs qui comme on l’a vu exercent des pressions considérables sur cette petite articulation. Elle est rarement secondaire à une fracture articulaire ou à une luxation.
Certaines maladies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde peuvent entraîner des usures articulaires mais qui ne sont pas à proprement parler une arthrose même si les symptômes et les traitements sont très voisins La douleur est le plus souvent le premier symptôme soit spontanée soit dans certains gestes de la vie quotidienne utilisant la pince comme tourner une clef, bricoler, peler des fruits ou ouvrir un bocal.
Ensuite vont apparaître des déformations avec subluxation ou déplacement de la base du premier métacarpien. L’évolution va se poursuivre par une fermeture de la première commissure (espace entre pouce et index) qui sera ensuite compensée par une déformation de la colonne du pouce en Z.

Le bilan repose sur des radiographies standard avec des incidences particulières qui permettent de bien visualiser cette articulation de face et de profil. Ces radios vont permettre d’établir le stade de l’arthrose (Classification de DELL en 4 stades) et de rechercher une atteinte associée comme l’arthrose péri trapèzienne (classification de DARCY).
 

TRAITEMENT

Le traitement est d’abord et avant tout médical. Il permet dans environ 70 à 80% des cas de diminuer la douleur d’éviter les déformations et de maintenir une activité pendant plusieurs années. Il repose avant tout sur une orthèse de repos ou attelle faite sur mesure à scratch à porter la nuit. Elle est souvent efficace, on peut y associer des infiltrations de corticoïdes ou encore des anti-inflammatoires.
Lorsque le traitement médical suffisamment prolongé (6 mois) devient insuffisant pour calmer les douleurs, ou qu’apparaît une fermeture de la première commissure ou une déformation de la colonne du pouce, on peut envisager un traitement chirurgical.
Le choix du traitement chirurgical repose sur des constations radiologiques (taille du trapèze, stade de l’arthrose), cliniques comme l’âge ou encore l’activité professionnelle avec notamment le travail manuel et la réalisation d’éventuels travaux de force. Les différentes interventions consistent en une trapèzectomie (c’est dire l’ablation du trapèze) on y associe une stabilisation ligamentaire à l’aide d’un tendon du voisinage, ou encore une prothèse totale qui ressemble à une prothèse de hanche miniature.
Ces prothèses existent depuis de nombreuses années et sont parfaitement fiables, le taux de réussite dépasse 90% avec une survie des implants de 12 à 15 ans. L’hospitalisation est courte, environ 24 heures, un gros pansement ouvrant la première commissure est mis en place pour environ 3 semaines, après quoi l’utilisation de la main constituera l’essentiel de la rééducation. Le résultat est le plus souvent acquis entre 2 et 5 mois post opératoire.

Les résultats de ces 2 types d’interventions sont bons sur la douleur et la mobilité. La force est souvent diminuée dans les trapézectomies et la colonne du pouce souvent raccourcie. Le choix du type de traitement sera guidé par un chirurgien expérimenté après une consultation ou seront exposés les avantages et limites respectifs de chaque intervention.